Incroyable : Etihad vient d’annoncer ce matin le rachat d’Air France KLM pour un euro symbolique. Cette décision, qui fait froid dans le dos à l’ensemble des employés d’Air France – KLM fait suite aux annonces de la semaine précédente et aux incidents indignes du début de cette semaine.

Une situation sociale qui devenait intenable pour les dirigeants

Après Transform 2015 qui n’a pas occasionné les gains de productivité attendus et l’échec des négociations de Perform 2020, la direction d’Air France – KLM se retrouvait dans une impasse socio-économique dont elle ne pouvait se sortir facilement. Le rachat par Etihad devenait alors inévitable.
James Hogan, directeur général de la compagnie d’Abu Dhabi a déclaré : « Nous allons maintenant pouvoir étendre notre réseau sous la marque Etihad Airways Regional. Les deux compagnies seront démentelées progressivement, et les employés reclassés chez Etihad Regional, tout comme les avions seront transférés. Nous ne pourrons évidemment pas maintenir les salaires à leur niveau actuel, qui ne permettent pas d’être profitable pour une compagnie aérienne ». Les syndicats n’auront plus que leurs yeux pour pleurer.

Une fiction ?

Oui, mais pas pour longtemps. A force de scier la branche sur laquelle ils sont assis, certains représentants des PNT de la compagnie nationale, le SNPL en l’occurrence, vont tomber de haut.
Il y a bien des combats à mener, mais les pilotes se trompent de combat. Car la direction d’Air France, si elle a raison d’envisager l’attrition pour augmenter la rentabilité de ses lignes, se trompe sur la cible des réductions : ce sont les lignes moyen-courrier qu’il faut rationnaliser en priorité, en finalisant la consolidation HOP!, en se focalisant sur les destinations d’alimentation du hub de CDG pour augmenter le trafic long-courrier. Et ensuite seulement, s’intéresser à la consolidaiton du long-courrier.
En refusant l’attrition, les pilotes signent l’arrêt de mort de la compagnie, qui est vouée à la non-rentabilité. Je pensais les pilotes être des gens éduqués, censés, comprenant les enjeux macro-économiques de façon suffisamment profonde : à ce sujet, la grêve de septembre 2014 m’avait déçu, la position d’octobre 2015 me désole.

Des actes inacceptables

Un groupe d’individus fait honte à la France au travers de notre compagnie nationale. La presse internationale s’en est ému et à juste titre. La violence n’a jamais rien résolu, et encore moins dans le cadre d’un dialogue social.
Agresser physiquement un homme dans le cadre professionnel est un acte qui implique des sanctions professionnelles et pénales exceptionnelles. Et les individus qui l’entourent ne méritent pas le floutage dont ils font l’objet dans la presse.

Et maintenant, alors, que fait-on pour continuer à avancer ?