Les rumeurs étaient donc avérées : XL Airways et La Compagnie se sont rapprochées hier, jeudi 1er décembre 2016, pour former le premier groupe aérien français à bas prix.

Une incongruité ? Pas de leur point de vue… Pourtant, marier une compagnie low-cost comme XL Airways avec La Compagnie, qui opère en full Business class ne va pas de soit… Alors pourquoi le faire ?

Deux compagnies aériennes à l’histoire bien différente

Si XL Airways et La Compagnie sont deux entreprises bien différentes dans leur histoire, elles ont un point commun : des hommes avec une grande expérience dans le transport aérien à savoir Cédric Pastour comme fondateur pour XL Airways d’un côté, et Frantz Yvelin pour La Compagnie de l’autre côté.

XL Airways, une low-cost devenue rentable uniquement sur long-courrier

XL Airways a été fondé sous le nom de Star Europe puis Star Airlines en 1995, comme compagnie charter opérant pour le compte de différents Tour Operators sur des lignes moyen-courrier touristiques avec des Boeing 737.

Puis XL Airways commence des opérations long-courrier en 2009, en commençant par New-York et Las Vegas. Progressivement, la compagnie va posséder 3 Airbus A330, puis se désengager des opérations moyen-courrier de par la concurrence des low-cost EasyJet et Ryanair auxquelles les tour operators n’hésitent plus à faire appel, et maintenant des compagnies charters d’Europe de l’Est telles que Enter Air.

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Désormais, la compagnie est également attaquée sur le marché des low-cost long courrier également par des acteurs étrangers comme Norwegian et Eurowings (groupe Lufthansa), mais surtout par des acteurs français tels que French Blue (groupe Dubreuil) ou la future Boost (groupe Air France-KLM).

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C’est dans ce contexte qu’XL Airways se devait de trouver des partenaires… Oui mais pour quoi faire ?

La Compagnie, la fausse bonne idée

L’histoire de La Compagnie est plus récente : 2013, l’année de création de DreamJet, l’ancêtre de La Compagnie. Le concept est simple : offrir une cabine Full-Business class en Boeing 757, avec des sièges de génération ancienne, dits Lie-Flat (plats, mais penchés), et à des prix défiant toute concurrence, pour attirer une clientèle Loisirs ou « Bleisure » (Séjour mi-business, mi-loisirs).

Cette idée, Frantz Yvelin l’avait déjà eu plus tôt puisqu’il fondait L’Avion avec Marc Rochet (actuel PDG d’Air Caraïbes) en 2006.

On prend les mêmes et on recommence… Car ce qui semble être une bonne idée sur le papier s’avère en être une vraiment mauvaise :

  1. Les voyageurs fréquents n’emprunteront jamais cette compagnie aérienne, pour la bonne et simple raison qu’elle ne possède qu’un programme de fidélité minimaliste et surtout que son réseau est super maigre : si je fais tout le temps des Paris-New York pour le boulot, il y a peu de raisons que j’aie envie de retourner en vacances à New-York avec des miles ;
  2. La client Loisirs occasionnel, lui, n’est prêt à débourser pour un billet Business qu’au prix d’appel. Or, il est à parier qu’il n’est pas possible d’atteindre le seuil de rentabilité si toutes les places sont vendues à ce prix, et encore moins si des places restent libres.

Cette difficile équation a conduit L’Avion, racheté depuis par British Airways qui opère cette compagnie sous la marque OpenSkies, a introduire des sièges en classe économique en plus des cabines BizBed (Business) et BizSeat (Premium Eco) qui existaient à l’origine de l’Avion

Mais alors pourquoi fusionner ?

Il est clair que tout diffère dans ces compagnies : la marque, le positionnement, le service les équipages. Là où elles se rejoignent, c’est sur la clientèle Loisirs.

Pour XL Airways, c’est une diversification claire de son produit. Pour La Compagnie c’est un réseau plus important. Et pour les deux, d’évidentes économies d’échelle sur les équipages, la maintenance, le handling, etc.

Et pour les clients alors ?

Pas certain que cela change grand chose dans un premier temps : il est possible que les deux marques continuent d’opérer séparément pendant un certain temps. En revanche, un programme de fidélité commun est possible, voir l’affiliation à une alliance low cost. Voyons quels sont les premiers chantiers qui vont être ouverts par la nouvelle direction !