La plupart des compagnies qui ont la prétention d’offrir un service au meilleur niveau mondial proposent un service de transfert en limousine en classe Business et First depuis le domicile ou le lieu de séjour de leur client vers l’aéroport.

Comme en témoigne notre article sur Turkish Airlines, cette tendance évolue, notamment avec la démocratisation des services de voitures avec chauffeur partout dans le monde.

Un service réservé à un très faible nombre d’escales

Alors pourquoi Air France, qui, dixit son ancien PDG Alexandre de Juniac, entend se positionner « au meilleur niveau mondial », ne le propose-t-elle pas ?

Eh bien, en réalité, elle le propose… Mais uniquement au départ de certaines escales, notamment les escales espagnoles !

En effet, tout billet Air France acheté sur airfrance.es, pour des vols en classe Business ou Première au départ de Madrid ou Barcelone permet de bénéficier d’un service de transfert gratuit depuis son point de départ vers l’aéroport de ces deux villes

Le site internet de la compagnie précise même que les passagers Elite Plus (Gold, Platinum, Ultimate) peuvent bénéficier de ce service, sans préciser leur classe de réservation, mais je doute quand même que toute réservation y compris en classe Economy pour des trajets courts soit éligible à ce service.

Et pour le reste ?

Pour le reste… Eh bien rien du tout, en tous cas pas gratuitement.

Air France a quelques partenariats au travers de Driving Blue, qui permet de bénéficier d’un gain de miles sur des trajets réservés via la plateforme.

Un partenariat avec Sixt existe pour l’offre La Première, qui permet de réserver une voiture depuis Paris, à un tarif prohibitif évidemment (près de 120 € le transfert) avec des véhicules comparables à ceux utilisés pour les transferts depuis et vers le salon éponyme.

Ce standard de l’industrie, mis en place notamment par les compagnies du Golfe a énormément de sens. Si, dans nos pays occidentaux, les services de taxis et VTC sont confortables et fiables, ce n’est pas le cas dans toutes les escales et le service du « dernier kilomètre » est souvent le plus utile pour le voyageur… Il n’y a rien de plus agaçant que d’avoir fait 12 heures de vol dans un grand confort et de devoir attendre un taxi ou payer des majorations de VTC.

Une mesquinerie de plus…

Est-ce si compliqué et coûteux à mettre en place ? D’après nos calculs, il s’agit d’un coût d’environ 120 à 150 € par aller-retour à inclure dans la base tarifaire du billet. Il suffit de le faire, et surtout d’assurer la logistique autour.

Dans les villes occidentales, il semble aisé de s’associer à l’une des entreprises de VTC et Taxis en place : Uber, G7, LeCab, Chauffeur Privé par exemple à Paris, Lyft ou Uber à New York, Cabify ou Hailo en Espagne.

Si l’inclusion dans la base tarifaire est compliquée, alors la synchronisation des services est toujours possible au travers des outils digitaux, comme la réservation associée du VTC au départ et à l’arrivée lors de la réservation sur le site internet ou au moment de l’OLCI. Et bien évidemment, cela implique l’annulation des services synchrone en cas d’IRROP pour un voyage sans couture : c’est ce qu’attend le Frequent Flyer d’aujourd’hui, qui en a assez de passer son temps à jongler avec les réservations.

Conclusion

En France, « on a pas de pétrole, mais on a des idées » disait Valéry Giscard d’Estaing. Alors extrayons ce jus de cerveau pour faire quelque chose d’innovant et surtout, qui apporte une vraie valeur au voyageur. Et c’est là que les innovations de ces dernières années se sont cassées les dents…