La route Kangourou est mythique : de Londres à Sydney, il s’agissait d’un vol aux nombreuses escales à l’origine, à la manière des routes internationales d’antan du réseau Air France.

Singapour a longtemps été l’escale phare de cette route pour de nombreuses compagnies aériennes, notamment British Airways et Qantas, dont la présence dans l’alliance oneworld a longtemps facilité la coopération.

Mais très récemment, et ce, grâce à l’arrivée du Boeing 787-900 dans la flotte de Qantas, cette dernière a annoncé l’ouverture de la ligne directe, sans escale, entre Perth et Londres début 2018.

17 heures sans bouger, est-ce réaliste ?

Sur TravelGuys, on est sceptiques. Et ne nous sommes pas les seuls, les passagers aussi. Preuve en sont les expériences diverses effectuées par les compagnies ces dernières années.

Seriez-vous capable de voyager en classe économique pour plus de 17h dans un espace de moins d’1m3 ? Moi qui fais 1m89 et Bertrand qui fait 1m92, non.

D’ailleurs, la compagnie qui a essuyé l’échec le plus récent, à savoir Singapore Airlines, qui opérait un vol de Singapour à Newark, l’avait bien compris. Elle opérait un A340-500 en configuration tout-Business. Pour cette raison bien sûr, mais aussi pour alléger l’avion et donc augmenter son rayon d’action.

La cabine Business interminable de l’A340-500 de Singapore Airlines qui opérait entre Newark et Singapour.

Or, même si la cabine Business est la plus rentable pour une compagnie aérienne, peut-elle remplir un avion rien qu’avec cette clientèle. Cela dépend des routes bien sûr, entre Paris/Londres et New York, peut-être une fois par jour, oui… Mais pas entre Singapour et New York, Newark étant, qui plus est, assez lointaine de la ville.

Ce n’est pas pour rien non plus que les compagnies du Golfe raflent une belle partie des marchés ? Couper son vol, même assis dans les classes Premium, est assez agréable pour certains passagers.

Le partenariat entre Qantas et Emirates est-il en danger ?

De façon assez surprenante et malgré son apparenance à oneworld, Qantas a annoncé mi-2012 un partenariat massif avec Emirates. Désormais, tous ses vols pour l’Europe feront escale à Dubai, et de grands code-share sont mis en place. Une synergie des programmes de fidélité est développée.

Avec ses velléités de vols directs, ce partenariat est-il compromis ? Pour le moment, difficile de le savoir. Qantas n’a pas vocation à desservir l’ensemble de l’Europe en vols directs. Quoi qu’on en dise, l’Australie n’est pas une destination Business en plein développement. Son économie décline tout autant que celle des états européens. Si le partenariat avec Emirates fonctionne aussi bien, c’est qu’Emirates amène à Dubai le monde entier, qui repart éventuellement sur des vols Qantas ensuite.

Affaire à suivre donc, mais les impacts devraient être limités.

Londres-Sydney pourrait changer la donne…

Si Perth reste une destination secondaire en Australie, l’arrivée d’un Londres-Sydney pourrait changer la donne.

Deux destinations Business majeures pour remplir les classes avant, et une grande diaspora présente dans les deux pays. Rien de mieux pour remplir un vol dans toutes ses classes et tous les jours de l’année.

Et Qantas dit réfléchir à ce vol qui durerait, tenez-vous bien, 20 heures et 20 minutes. Et a demandé à Airbus et à Boeing de plancher sur la question.

Car finalement, c’est toujours cette question de range la plus importante : remplir un avion dans une configuration classique avec toujours plus de carburant.

Conclusion

Si les vols Ultra Long Courrier peuvent avoir un marché, celui-ci reste très limité et soumis à la bonne volonté des passagers de voyager aussi longtemps dans un tube en métal. Chez TravelGuys, on reste très sceptiques sur la question.