Mercredi 28 septembre 2017, Corsair et La Compagnie annonçaient un partenariat encore inédit en France, puisqu’il s’agit d’une alliance avec une compagnie low-cost, en l’occurrence EasyJet. Pourquoi un tel duo ? Tout simplement parce que le système de hub opéré par les grandes compagnies s’avère être d’une efficacité redoutable pour remplir des appareils long-courrier, et que les deux compagnies françaises l’ont bien compris !

Un réel besoin de correspondance important à chaque bout de ligne

Les passagers en correspondance sur les deux compagnies françaises ne représentent, pour le moment, que 8% de la totalité des passagers. Et encore, ces passagers « souffrent » beaucoup lors de leur correspondance : ils ont des billets séparés, faute de partenariat, et les compagnies en Europe sont très réticentes à enregistrer des bagages sur des contrats de transport séparés. Résultat : l’expérience passager est très dégradée, il faut systématiquement récupérer ses bagages et les ré-enregistrer et donc, parfois repasser des contrôles de police et de sécurité inutiles si les bagages avaient été enregistrés.

Pour palier ce manque de partenaires aériens en dehors d’Air France, les compagnies françaises long-courrier ont développé un partenariat appelé TGV Air, qui permet aux passagers d’acheter leur billet de train comme pré- et post-cheminement, mais là encore avec des ruptures de charge importantes.

Enfin, le marché domestique finit par être étriqué pour ces compagnies françaises long-courrier, et leur développement s’en trouve bridé.

Autant de bonnes raisons de trouver un allier qui permet d’arroser l’Europe depuis son point de départ

Pourquoi EasyJet est-il un bon partenaire ?

Ne nous méprenons pas : ce genre de partenariat existe déjà, sûrement dans une moindre mesure. Emirates, par exemple, a noué des partenariats avec EasyJet et JetBlue pour vendre des billets vers et depuis diverses villes européennes et américaines en continuation d’un vol EK.

En revanche, l’accord signé récemment va beaucoup plus loin pour les compagnies françaises, car elle ouvre le droit à EasyJet de commercialiser les vols de ces compagnies sur son propre site internet, très puissant.

En outre, EasyJet dispose d’un réseau important, domestique et européen, sur les deux plateformes de Roissy Charles-de-Gaulle et d’Orly, et opère dans des terminaux « classiques » (par opposition aux terminaux low-cost).

Néanmoins, notamment à Orly, ce partenariat ne pourra être efficace que si les circuits correspondance sont en place, ce qui n’est pas encore le cas à Orly.

Conclusion

Enfin un peu de mouvement dans le transport aérien français. Jusqu’où cela peut aller ? Pourquoi XL Airways (du même groupe que La Compagnie) et Air Caraïbes (qui code-chare énormément avec Corsair) ne sont-ils pas inclus ? Des réponses dans les prochaines semaines !